Au cours d'une soirée de charité, un avocat retrouve face à un curé qui lui demande son obole pour les pauvres de la ville. L'avocat lui répond:
- Ah... Je pense que vous n'êtes pas au courant. Mais ma pauvre mère souffre d'un cancer extrêmement grave, dont le seul traitement ne peut être réalisé qu'aux états-Unis. Et les frais du voyage et du séjour là-bas dépassent de beaucoup ses revenus... Quant à mon frère, il a été blessé en Indochine et il est dans une chaise roulante depuis. Ma soeur, la pauvre est mère célibataire avec trois enfants à charge, et sa seule source de revenus, c'est de faire des ménages. Ma femme est en hôpital psychiatrique et mon fils était en cure de désintoxication quand il a fugué. Maintenant personne ne sait où il est...
à ce stade du récit, le curé a bien compris qu'il n'avait plus de raison de demander la charité à ce pauvre homme, et il s'apprêtait à le laisser en disant:
- Vous êtes réellement à plaindre, et je n'avais vraiment pas conscience des problèmes auxquels vous avez à faire face. Il est évident que je ne peux pas attendre de vous que vous fassiez un don pour les nécessiteux alors que vous devez déjà tellement donner pour votre famille!
L'avocat acquiesce de la tête et dit:
- Mais oui! Pourquoi devrai-je aider vos nécessiteux alors que je ne donne pas un kopeck aux membres de ma propre famille?
C'est Le Pen qui va en Enfer. Au bout de deux mois, Satan est excédé:
Le Pen passe son temps à s'engueuler avec Stirbois qui a déjà fondé le Front Infernal, et il a commencé un fichier secret des diablotins de fraîche date. En plus, De Gaulle et Mitterand ne le supportent pas, et il faut faire de la place pour Sap* qui s'est étouffé avec du foin.
Satan envoie un e-mail à Dieu: (*un posteur de f.r.h. qui a exagéré)
From: Satan
To: Dieu
Subject: Le Pen
cc: U Eco
Dis donc, collègue, le gars Le Pen il n'a rien à faire chez moi.
Avec ses états de service en Algérie, il a tué le nombre de Sarrasins
requis pour entrer au Paradis. Je sais, c'est plus les croisades mais
le règlement c'est le règlement.
-- Satan
Le pauvre Dieu, décidément trop bon, récupère donc Le Pen et le confie à St Pierre. Celui-ci regarde dans son grand livre pour voir ce que le borgne sait faire. "Ha ha, j'ai du boulot pour vous. Voyez-vous, le Paradis est encombré d'une foule de gens qui n'ont rien à y faire, qui ont profité du laxisme ambiant. Landru, que voici, a été admis sur intervention de St Paul, parce qu'il n'avait tué que des femmes. Saint Just à cause d'une confusion sur son nom. Et voici au loin les 3000 embryons anglais et le jumeau malchanceux qui rappliquent sans avoir été baptisés. C'est le bordel, je vous donne carte blanche"
Deux mois plus tard, Dieu sort de son nuage et entend un grand silence. Au détour d'un cumulus, il croise Jeanne d'Arc avec un anneau dans le nez, Saint Cyr le cràne rasé, et deux archanges dont les ailes tatouées dépassent de leur blouson de cuir.
Inquiet, il regarde à droite et à gauche, et finit par apercevoir, au loin, dans les flammes de l'enfer, Marie, Joseph, David, Moise, St Pierre les apôtres et même Jésus, qui lui crie: "Il a viré les Juifs!". Alors il se retourne et tombe sur Le Pen qui lui dit "Yahvé, Yahvé, c'est quoi comme nom? ça fait longtemps que vous êtes au Paradis?".
Sarah ammène le petit Samuel chez le vieux tailleur Isaac afin de lui acheter un beau costume pour sa Bar-mitzva . Ils entrent dans la modeste échoppe:
- Bonjour Sahra, bonjour Samy ! Vous venez pour un costume ?
Sarah lui fait un topo de la situation et lui précise bien:
- Et surtout Isaac, je veux ton plus beau tissu pour le costume du petit !
Isaac lui promet un costume exeptionnel et il prend les mesures du petit.
Une semaine après, Sarah passe chez le vieil Isaac avec son fils pour prendre livraison du vêtement. Le costume est très joli et va comme un gant au petit Sammy. Après avoir payé (très cher, mais bon, un tissu pareil...), Sarah et Samuel s'en vont prendre le bus. Mais voilà qu'un orage éclate soudain et que, le temps de courir s'abriter, ils sont tous les deux trempés jusqu'aux os. Sarah regarde alors le petit Samy, et là, stupeur: le costume, taillé dans un tissu de pacotille a affreusement rétréci et les bras et jambes du petit Samuel dépassent d'une bonne dizaine de centimètres...
Furieuse, Sarah retourne chez le tailleur en traînant son fils derrière elle, entre furibarde dans la boutique et se retrouve devant le vieil Isaac qui s'exclame en decouvrant Samuel: