Ce qui suit est un échange au tribunal entre l'avocat de la défense et un fermier demandant un dédommagement pour blessures corporelles.
L'avocat: Sur le lieu de l'accident, avez-vous dit au policier que vous ne vous étiez jamais senti aussi bien de toute votre vie ?
Le fermier: C'est exact.
L'avocat: Alors, comment se fait-il que vous demandiez un dédommagement sous le pretexte que vous avez été sérieusement blessé quand le véhicule de mon client a heurté votre van ?
Le fermier: Quand le policier est arrivé, il s'est dirigé vers mon cheval, qui avait une jambe cassée, et lui a tiré une balle dans la tête. Après il s'est dirigé vers Médor, mon chien, qui était à moitié écrabouillé, et lui a tiré une balle dans la tête.
Quand il m'a demandé comment je me sentais, j'ai pensé que compte tenu des circonstances, il était judicieux de dire que je ne m'étais jamais senti aussi bien de toute ma vie ...
C'est pendant la guerre en Bosnie. Les gens n'ont plus rien à manger. Certains en arrivent même à manger leur chien et c'est ce que fait une famille. Le soir à table, tout le monde a mangé sa petite part de chien qui était déjà bien maigre. Et le père, la larme à l'oeil, dit en voyant tous les os restant dans le plat:
"Ah si ce brave Médor était là, il se régalerait !" (adapté de Jules Renard)