C'est mohammed (gamin de 10 ans) qui a vraiment faim. Il habite Casablanca et il ne trouve rien à manger à la maison. Il va donc faire un petit tour au souk histoire de voir s'il ne trouve pas une opportunité.
Le voilà parti, il commence à lorgner sur les poulets d'un vendeur :
- Mohammed, si tu pars pas tout di suite (avec l'accent) je ti donne le fouet.
- Mais m'siou ji fi rien, ji chouffe (regarder), c'est tout !!
Mohammed s'éloigne mais il se dit qu'avec un peu d'astuce il arrivera à voler un poulet. Il se rapproche et fait basculer tout l'étalage de fruits. Le marchand sort alors rapidement pour récupérer son bien.
Mohammed se glisse dans l'échoppe et vole rapidement un poulet mais le marchand le voit!!
- Mohammed, voleur, police, au secours, mohammed est un voleur.
La police arrive et essaie de rattraper mohammed qui court avec son poulet. Impossible à rattraper, mohammed connaît trop bien le souk.
Deux heures après, la police fait une patrouille sur la plage, histoire de voir si mohammed n'y est pas. Elle trouve alors mohammed avec un tas de plumes à côté de lui. Le gamin est manifestement repu et commence une petite sieste :
- Mohammed, ci toi le voleur, ti as mangé tout li poulet.
- Moi, ji suis pas un voleur, ji fais juste la sieste,
- C'est quoi toutes li plumes ???
- Les plumes? ji m'installe tranquille pour faire une sieste, voilà un poulet qui s'approche et qui me dit :
"Oh mohammed, ti reste là? ti peux me garder mes affaires, ji vais prendre un bain"...
Les chroniques racontent qu'en 1994 aurait eu lieu un challenge d'aviron entre l'équipe de rameurs de L'E.N.A. et ceux d'une université de "Province". Les rameurs de l'Université brillèrent dès le départ, et arrivèrent avec une heure d'avance sur l'équipe énarque...
De retour dans les locaux de L'E.N.A., le Comité de Consultation se réunit pour analyser les raisons d'un résultat si imprévu et déconcertant. Leurs conclusions furent les suivantes :
1) L'équipe universitaire était formée d'un chef d'équipe et de 10 rameurs...
2) L'équipe de L'E.N.A était, elle, constituée d'1 rameur et de 10 chefs d'équipe.
La décision fut portée à la sphère de planification stratégique pour l'année suivante, avec une réforme dont les répercussions se feraient ressentir à tous les niveaux de la délégation.
En 1995, lors du départ du nouveau challenge, l'équipe universitaire reprenait une fulgurante avance. Cette fois-là, l'équipe énarque arrivait avec 2 heures de retard...
La nouvelle analyse du Comité de Consultation rendait les constatations suivantes :
1) Dans l'équipe Universitaire, il y avait 1 chef et 10 rameurs.
2) L'équipe de l'E.N.A, suite aux réformes décidées par le Comité de Consultation et approuvées par la haute sphère de planification, comprenait :
* Un chef d'équipe
* Deux assistants au chef d'équipe
* Sept chefs de section
* Un rameur
La conclusion du Comité fut unanime et lapidaire: "Ce rameur est un bon à rien".
En 1996 se présentait une nouvelle opportunité pour l'équipe énarque. En effet, le Département du Haut Management d l'e.n.a., en collaboration avec le Département de Recherche sur les Ressources Humaines de cette même école avaient mis au point une stratégie novatrice qui améliorerait sans aucun doute possible le rendement et la productivité, gràce à l'introduction de substantielles modifications dans la structure. C'était là la clef de voûte du succès, l'aboutissement ultime d'une méthodologie qui ferait pàlir d'envie même les meilleurs managers au monde...
Le résultat fut catastrophique. L'équipe Universitaire arrivait cette fois avec 3 heures d'avance sur l'équipe énarque. Les conclusions furent effroyables :
1) Dans un évident but de déstabilisation spéculative, l'équipe universitaire avait opté pour la formation traditionnelle : 1 chef d'équipe et 10 rameurs
2) L'équipe énarque avait introduit une formation avant-gardiste :
* Un chef d'équipe
* Deux consultants Qualité
* Un auditeur en empowerment
* Un superviseur de downsizing
* Un analyste de procédures
* Un technologue
* Un contrôleur
* Un chef de section
* Un technicien chronomètre
* Un rameur
Après plusieurs jours d'épuisantes réunions et autant de séances de Brainstorming, le Comité décidait de punir le rameur en lui supprimant ses bourses d'étude et en le radiant de l'école, dont la Grandeur et Réputation risquait de se voir ternie par une telle incompétence.
Lors de la réunion de clôture, le Comité, appuyé par le corps enseignant, statuait :
"Pour le prochain challenge, nous engagerons un nouveau rameur, mais par le biais d'un contrat d'Outsourcing, de manière à éviter toute friction syndicale et d'esquiver tout contrat de travail et charges sociales qui en découlent, éléments qui, sans aucun doute, ont jusque là dégradé l'efficacité et la productivité de nos ressources".