Un petit garçon doit fêter son dixième anniversaire. Son papa lui propose de lui acheter un beau cadeau pour marquer l'événement. Le petit garçon réfléchit et déclare à son papa :
- Papa, je voudrais bien, pour mon anniversaire, avoir un animal.
- C'est une très bonne idée, mon garçon, mais lequel ?
- Eh bien papa, je voudrais bien un cochon...
- Un cochon !? ça va pas la tête ? ça pue un cochon, c'est méchant, ça mange tout ce qu'il trouve !
- Mais non, papa, un tout petit cochon, avec la queue en tire-bouchon, tout rose, tout mignon...
- Pas question !
Le gosse fait un caprice épouvantable et le père cède. L'enfant promet de s'en occuper, de le nettoyer, de lui donner à manger et tout et tout.
Ils achètent un tout petit cochon rose, avec la queue en tire-bouchon, et le petit garçon déclare :
- Nous l'appellerons Gercy !
Gercy, quel drôle de nom se dit le père... En fin, si ça lui fait plaisir. Et tout se passe bien au début. Puis est advenu ce qu'il devait advenir : le gentil petit cochon devient un immonde porc qui pue. Le père décide de parler à son fiston.
- Mon petit garçon, ton cochon, il a bien vécu, il a bien mangé, il s'est bien amusé. Maintenant, il va devenir ce que deviennent les cochons : du saucisson, du jambon...
- Tu veux dire qu'on va le tuer ? Pas question !!! Je ne veux pas qu'on fasse du mal à Gercy !
Le père réfléchit et trouve un compromis :
- Ton cochon, on va le donner au zoo. Comme ça, tu pourras le voir quand tu voudras, et il aura de la compagnie, il sera bien soigné.
Le petit garçon accepte. Quelle est la morale de l'histoire ?
La morale, c'est qu'il est dangereux de se pencher aux fenêtres des trains.
Bon, vu comme ça, ça peut paraître un peu bizarre... J'explique:
E pericoloso sporgersi (Et père y colle au zoo c'porc Gersy).
C'est la vieille Golda Cohen du Sentier qui débarque un jour chez Schlomo l'agent de voyage. Elle lui dit:
- Schlomo, vends-moi un billet pour Calcutta!
- Madame Cohen, pourquoi aller en Inde? Vous ne préférez pas aller, je ne sais pas moi, en Israël?
- Non non Schlomo. Je veux juste aller à Calcutta.
- Mais c'est un long voyage. Et puis là-bas, on voyage dans des trains sans confort, remplis à ras bord. Et puis en Inde, qu'est-ce que vous allez manger? Y a rien de casher, et puis tout est trop épicé. Et je ne parle pas des maladies que vous risquez d'attraper! C'est vraiment ce que vous voulez?
- Oui, c'est en Inde que je veux aller. Alors Schlomo, tu me le vends ce billet?
Finalement, Schlomo s'exécute et un peu plus tard, voici la vieille Golda qui arrive à Calcutta. Elle ne se laisse pas démonter par le bruit, les odeurs, la foule et elle se dirige vers l'ashram. Là, elle se joint à la foule qui fait la queue pour voir et dire quelques mots au gourou. Un des assistants du gourou lui dit que ça prendra bien 3 jours de queue avant de le voir
- C'est d'accord, répond Golda
Enfin, le troisième jour de queue, elle arrive aux portes du bàtiment sacré. Là, un assistant lui dit qu'elle aura le droit de prononcer 6 mots uniquement.
- ça ira, répond Golda
Golda est alors escortée à l'intérieur du sanctuaire, dans la salle où le grand sage prodigue ses conseils et donne sa bénédiction aux initiés.
Juste avant qu'elle ne s'adresse au Sage, un assistant lui rappelle:
- Attention, pas plus de 6 mots...
Et alors qu'elle arrive devant le vieux gourou, au lieu de s'agenouiller et de se prosterner devant lui comme les autres disciples, la vieille Golda s'arrête, se croise les bras regarde le gourou dans les yeux et lance sur un ton autoritaire: